Hondamendia

Hondamendia

Février 2020 : l’effondrement d’une décharge fait disparaître deux travailleurs sous les décombres. On parle de destin, de chance, ou de malchance pour leurs proches. Ces mots cachent parfois la responsabilité et la culpabilité. Ce qui est un malheur pour certains est un accident pour d’autres.
Mars 2020 : le Covid arrive. Un présentateur de radio, éloigné pour raisons de santé, tente de parler de l’effondrement de la décharge de Zaldibar. Mais comment exprimer la douleur quand le monde est paralysé par une pandémie ? Les écrans ont remplacé les mots, et les déchets sont devenus les traces de nos vies.
Chaque semaine, un travailleur meurt sur son lieu de travail.
Février 2022… Dans cette montagne de déchets, seules des questions demeurent. Et au-delà de la quête de sens, il nous faut aimer la vie dans sa simplicité.

  • ClientAxut !
  • FormatThéâtre
  • LieuLouhossoa, Pays Basque
  • Date2022
  • MissionsScénographie
  • Crédits PhotoAinhoa Resano
  • TeaserEñaut Castagnet

NOTES SCÉNOGRAPHIQUES

La scénographie de Hondamendia propose un espace de réflexion où se croisent plusieurs influences : la poétique des installations de Christian Boltanski, le dialogue entre catastrophe et accident, et l’image médiatique sous la forme d’un collage audiovisuel.
Cet espace est à la fois symbolique et universel. Il est théâtral. Concret. Mais aussi cinématographique. L’écriture spatiale est multiple, parallèle, simultanée. Comme la vie. Comme un immeuble où chaque fenêtre raconte une histoire. Une architecture inspirée de Fenêtre sur cour d’Alfred Hitchcock.
Ici, rien n’est caché. La scène est nue, sans pendrillons. Honnête. Débarrassée de tout artifice. Quatre plateaux en bois ciré, propres, prêts à recevoir. Comme un théâtre Nô transposé dans notre réalité. Une référence assumée.
Un fond en tulle. Un écran en tulle. Tout est transparent, sauf l’image projetée. Les comédiens et comédiennes sont visibles dans les loges, s’habillant sous les yeux du public. Le privé et le public se mêlent, l’intérieur et l’extérieur coexistent. Tout est orchestré avec précision.
Au centre de cette mémoire en construction : des kilos de vêtements. Ils ne symbolisent pas les morts, mais le souvenir. Leur accumulation souligne l’éboulement, l’accident, la catastrophe. Une matérialisation des injustices que l’histoire répète. Ici. Ailleurs.
La technique, la lumière, l’image ne sont pas de simples outils ; elles deviennent un langage au service de la mise en scène. Tout est à vue. Car montrer, c’est aussi raconter.
Nous construisons un espace sans pli, sans recoin, sans porte fermée. Un espace où l’on ne cache rien. Pas de secret. Nous voulons dire la vérité. La nôtre.

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