Si quelqu’un
le demande,
je n’ai jamais été là
Luis, Nathalia et Rebeca, trois artistes mexicains, se retrouvent sur scène entre le Mexique et la France. À travers leurs voix et leurs corps, ils font revivre la figure d’Antonieta Rivas Mercado – artiste, mécène et intellectuelle des années 1920.
Cette pièce de théâtre hybride mêle documentaire, récit autobiographique, jeu en direct et projection vidéo. En se confrontant au destin d’Antonieta, les comédiens s’identifient à elle et livrent leurs propres récits d’intégration en France. Les trajectoires se croisent, se répondent, et questionnent, en filigrane, ce que signifie être « étranger » aujourd’hui.
- ClientLa MAP
- FormatThéâtre
- LieuPays Basque
- Date2022
- MissionsMise en scène, Adaptation texte
- TeaserAlex Heitler
NOTES DE MISE EN SCÈNE
Je suis arrivé dans cette création en tant que regard extérieur. Mon rôle initial était de formuler quelques retours sur les grandes lignes du travail, d’identifier certaines évidences propres à une création théâtrale. Mais très vite, une autre évidence s’est imposée : le plaisir de la recherche partagée et la fluidité de notre collaboration. La mise en scène à deux têtes fonctionnait. Nous nous complétions.
Mon apport a pris naturellement plus d’ampleur, venant aussi soulager Luis, qui était à la fois auteur et comédien. Il y avait là une nécessité : celle d’un regard extérieur, puis d’un deuxième metteur en scène, capable d’observer, d’interroger et de construire depuis cette place de témoin.
C’est ainsi que cette aventure a commencé.
Mon objectif en tant que metteur en scène était de confronter les récits intimes. Pour cela, nous avons mobilisé différents langages : le corps, la voix, la vidéo, l’espace théâtrale. Une écriture pluridisciplinaire qui compose un récit scénique en constante transformation.
Je me suis immergé dans l’univers de mon collègue, dans ses fascinations, ses doutes, ses questions. Je me les suis appropriés. Et à cette écriture à quatre mains, j’ai apporté mon propre langage théâtral : un travail sur le mouvement, la danse, l’installation, la narration de l’espace comme support du récit.
Concernant les personnages, nous avons choisi une mise en abyme. Partir du « je » – celui de l’artiste, de l’humain – pour tendre vers le personnage d’Antonieta, dans ses multiples facettes : la réelle, la fantasmée, la construite. L’intention de la mise en scène était d’ouvrir quelques pages d’un journal intime, celui d’Antonieta, et de faire chevaucher ses lignes avec les récits des artistes sur scène.
En creux, une question guide notre démarche : quelle est notre place dans un pays d’accueil ? Nous ne sommes pas seulement des étrangers. Alors, qui sommes-nous vraiment ?








